Attaques récentes sur les droits des personnes trans

Récemment, les droits des personnes trans, non-binaires, bispirituelles et diverses dans le genre ont subi des attaques sans précédent de la part des gouvernements provinciaux. Au Nouveau-Brunswick, le règlement 713 a été modifié afin forcer les écoles à obtenir le consentement des parents avant que leur enfant puisse changer de pronoms ou de nom à l’école.

Dans la foulée, la Saskatchewan a voté une loi (la loi 137) qui donne des obligations similaires aux écoles de la province. Cette loi vise aussi à bannir les organismes indépendants qui font de l’éducation sexuelle à l’école.

L’Alberta, inspirée par ces mesures qui mettent pourtant en danger la sécurité de beaucoup d’enfants, a également adopté ses propres politiques en matière de ce que plusieurs appellent aujourd’hui «le droit des parents». Ces politiques ratissent beaucoup plus large : elles visent notamment à limiter les soins aux jeunes personnes trans et à bannir les femmes trans de la pratique sportive féminine.

Au Québec, le gouvernement de François Legault, dans une controverse poussée par des cas de harcèlement et un mouvement transphobe pancanadien, a créé un « comité des sages » afin de « réfléchir » à la question des droits des personnes 2S/TNBGD. Deux membres de ce comité ont des accointances avec des groupes transphobes parmi les plus hargneux. Sachant que ces lois violeraient sans doute la Charte canadienne des droits et libertés, plusieurs provinces ont utilisé la « clause nonobstant », qui permet de la contourner.

Le climat social actuel inquiète beaucoup l’équipe de JusticeTrans, mais la morosité générale ne devrait pas effacer les quelques gains obtenus au cours de la dernière année. En mai 2023, la Cour Suprême du Canada a par exemple statué que les personnes qui critiquent les propos haineux seraient désormais protégées contre les poursuites en diffamation. Après avoir inutilement retardé l’intégration de la mention de genre X sur la carte d’assurance-maladie et sur le permis de conduire (et au mépris d’une loi votée en 2022), le gouvernement du Québec a fini par l’autoriser au début du mois de mars 2024.

La force des mouvements haineux nous ont forcé.es à tisser des liens et à préparer des outils pour répondre à la violence. Plusieurs organisations ont développé des trousses visant à mieux connaître les enjeux relatifs à la transphobie. JusticeTrans a mené son propre projet de recherche à ce sujet, intitulé «tracking transphobia». Face au backlash transphobe, nous organisons peu à peu une défense active de nos droits.